De la guerre de mouvement à la guerre de position

Le 25 juin 1950, 135 000 hommes puissamment soutenus par des chars, de l’artillerie et de l’aviation franchissent la frontière et bousculent les unités sud-coréennes. Seoul tombe le 28, l’armée sudiste est en déroute, un demi-million de civils fuient vers le sud. Le gouvernement se réfugie à Pusan qui devient l’ultime poche de résistance sud-coréenne. L’ONU condamne immédiatement l’agression et appelle à la constitution d’une force multinationale pour soutenir la Corée du Sud le 27 juin dont le commandement est confié au général américain Douglas MacArthur. Malgré la forte pression la poche de Pusan tient, les renforts affluent et l’aviation américaine rend difficile le ravitaillement des troupes communistes dont l’élan s’émousse. Les conseils de prudence des Chinois devant l’étirement des forces de l’armée populaire, et les avertissements quant à un débarquement sur ses arrières restent vains. Le 15 septembre 1950, l’opération Chromite permet le débarquement de 75 000 hommes à Inchon, principal port de la côte ouest. Seoul est reprise en moins de dix jours. Menacés sur deux fronts, les Nord-Coréens refluent à leur tour. Le 30 septembre, à l’exception des guérillas, il n’y a plus de troupes communistes au sud de la ligne de partition.

Le 7 octobre, l’ONU autorise le franchissement du 38e parallèle. Le 19, Pyongyang tombe alors que Kim Il-Sung s’est réfugié en Mandchourie. Poursuivant leur progression, les troupes de l’ONU se rapprochent de la frontière sino-coréenne matérialisée par le fleuve Yalu. La survie de la RPDC est fortement compromise. Le conflit prend alors une nouvelle tournure avec l’engagement direct de la Chine communiste, envisagé sérieusement par la CIA mais relativisé par le 2e bureau de l’armée américaine. Forte d’environ 300 000 hommes, l’Armée de volontaires du peuple chinois lance sa contre-offensive le 1er novembre 1950. Submergées par le nombre, étirées et menacées d’encerclement, combattant dans des conditions climatiques difficiles, les troupes onusiennes refluent à leur tour en direction du sud. Pyongyang est rapidement libérée et le 26 décembre les forces sino-coréennes franchissent le 38e parallèle. Seoul change de main pour la 3e fois le 4 janvier 1951. En mars une contre-offensive américaine rétablit la situation, Seoul est reprise et la ligne de partition de nouveau franchie. Suivent une offensive chinoise puis une contre-offensive onusienne entre mai et juillet. Le front se stabilise enfin, la guerre de mouvement s’achève et laisse la place à une guerre de position. Les combats continuent de faire rage mais plus aucune offensive ne sera décisive jusqu’en juillet 1953. La guerre entre alors dans une impasse et seule une décision politique pourra y mettre fin.