L’échec de la politique de réunification

Pour les puissances vainqueurs, le principe de la mise sous tutelle de la Corée avant sa réunification reste d’actualité. Sur initiative soviétique, une commission mixte soviéto-américaine est constituée afin de conseiller les Coréens dans la formation d’un gouvernement provisoire. Le climat de guerre froide qui s’impose à compter de 1947 et l’animosité croissante entre Américains et Soviétiques rejaillissent sur les discussions quant à la constitution du futur gouvernement. Moscou souffle le chaud et froid sur la présence de forces politiques coréennes au sud qui lui sont ouvertement hostiles et refuse la suppression de la ligne de démarcation. La politique d’endiguement des Etats-Unis à l’encontre du communisme rend le dialogue illusoire. Le Sud doit être préservé de la « soviétisation » du Nord.

Les travaux de la Commission mixte sont définitivement abandonnés fin mai 1947 devant l’impossibilité de trouver un accord. Les Etats-Unis décident de porter la question devant l’ONU. Une Commission temporaire des Nations Unies en Corée est chargée de faciliter la création d’un gouvernement coréen en favorisant la tenue d’élections dans toute la péninsule, mais l’Union soviétique refuse toute collaboration. Dès lors les événements s’enchaînent.

Au sud, des élections boycottées par Pyongyang sont organisées le 10 mai 1948, l’assemblée se réunit pour la première fois le 31 mai avec en son sein des députés représentants le Nord. Le 12 juin la Corée du Sud se dote d’une constitution, Syngman Rhee devient président le 20 juillet et le 15 août 1948 la République de Corée est officiellement proclamée. Les troupes américaines évacuent le nouvel état, maintenant une simple mission militaire.

Au nord, les communistes parachèvent la création de leur état. En février 1948, l’Armée populaire coréenne (APC) est créée. Le 25 août l’Assemblée populaire suprême (APS) est élue, rassemblant des députés de toute la péninsule, grâce à un scrutin organisé clandestinement au sud du 38e parallèle. Le 9 septembre 1948, l’assemblée proclame la République populaire démocratique de Corée (RPDC) dont Kim Il Sung devient le Premier ministre. Les troupes soviétiques se retirent, ne laissant qu’une mission militaire destinée à former l’APC.